Mercredi 25 février 2026
L’AFDU et Dietrich Untertrifaller réinventent le “moins” au FBC 2026
À l’occasion du Forum International Bois Construction, l’AFDU a eu le plaisir de co‑organiser, aux côtés de l’agence DIETRICH UNTERTRIFALLER, une table ronde engagée et très attendue autour d’un enjeu devenu central :
➡️ faire du “moins” une véritable stratégie pour la ville durable, sans jamais renoncer à la qualité.
Intitulée « Construire avec moins – une stratégie pour une ville durable », cette conférence a réuni quatre voix majeures de l’architecture, de l’aménagement et de l’action publique : Hélène Lucie Fernandez, Laurent Girometti, Marine de La Guerrande et Much Untertrifaller, sous la modération de Francis Rambert.
Un moment fort, riche en idées concrètes, où la frugalité a été abordée non comme une contrainte, mais comme une exigence collective, nécessitant davantage de conception, de dialogue et d’anticipation.
🔹Faire du “moins” un accélérateur d’intelligence publique
Hélène Lucie Fernandez, directrice adjointe au ministère de la Culture, a rappelé que la frugalité n’est ni une austérité ni un renoncement.
Pour elle, réhabiliter n’est pas une option, mais un acte de création à part entière.
Elle a insisté sur trois leviers essentiels :
- plus de travail conceptuel,
- plus d’innovation,
- plus de coordination entre acteurs.
Elle a également souligné que la frugalité doit être située et adaptée : les enjeux territoriaux diffèrent profondément entre Mayotte, les Pyrénées‑Atlantiques ou les métropoles.
🔹Construire moins, mais mieux
Pour Laurent Girometti, directeur général d’EpaMarne EpaFrance, a partagé une vision très ancrée dans les réalités des territoires.
Il a rappelé que beaucoup d’acteurs engagés travaillent déjà à la décarbonation, au recyclage urbain et à la transformation de l’existant.
Son constat : le modèle économique actuel valorise encore trop la production de mètres carrés et pas assez l’intelligence nécessaire pour en produire moins, mais mieux.
La frugalité exige donc plus de finesse de conception, plus d’audace politique et un traitement sur mesure des territoires.
🔹Repenser le projet dès l’amont
Much Untertrifaller, cofondateur de l’agence éponyme, a rappelé que la frugalité commence par les bonnes questions, bien avant les réponses.
Il a alerté sur un verrou récurrent :
➡️ les décisions structurantes sont souvent prises avant l’intervention de la maîtrise d’œuvre.
Pour permettre des projets véritablement frugaux, il plaide pour un rôle plus en amont de l’architecte : redéfinir les besoins, interroger les usages, ouvrir le champ des possibles.
Fidèle à la culture constructive du Vorarlberg, il a défendu une frugalité fondée sur la structure, la démontabilité, la préfabrication et l’économie de matière.
🔹Transformer le “moins” en moteur créatif
Marine de La Guerrande (THINK TANK architecture, Équerre d’argent 2024), a appelé à un changement de regard essentiel :
➡️ sortir d’une lecture purement quantitative du projet.
Selon elle :
- un espace petit mais bien dessiné peut offrir bien plus de qualité qu’un grand espace mal conçu ;
- penser avec “moins”, c’est aussi penser dans le temps long du projet ;
- la frugalité impose une approche transdisciplinaire, décloisonnant les métiers et les modes de programmation.
Une vision où la frugalité devient un levier de précision et d’intelligence collective.
🎯Une conviction partagée
De cette table ronde est ressortie une idée claire :
➡️ on ne généralisera pas la frugalité sans reconnaître, organiser et rémunérer l’intelligence du “moins”.
Cette rencontre a offert un espace rare de dialogue entre action publique, maîtrise d’ouvrage, recherche architecturale et cultures constructives innovantes.
Un moment précieux pour repenser ensemble ce que signifie réellement construire avec moins — et surtout, construire mieux.
AFDU
Répondre aux attentes des adhérents, susciter leur intérêt, soutenir leurs ambitions, élargir leur champ de vision en amont et en aval, président au foisonnement d’initiatives portées par l’AFDU.

