Jeudi 17 septembre 2026

MIPIM 2027 : les territoires reprennent la main

Pour la première fois, le MIPIM a organisé une conférence de presse de lancement afin de présenter les grandes orientations de sa prochaine édition, qui se tiendra du 16 au 19 mars 2027 au Palais des Festivals de Cannes. Dans un paysage immobilier traversé par de profondes mutations, un message s’est imposé : les territoires et leurs élus seront au cœur du MIPIM 2027. Partenaire du salon pour la deuxième année consécutive, l’AFDU était représentée par son président, Pascal Pelain, maire de Villeneuve-la-Garenne et vice-président de la Métropole du Grand Paris.

Il fallait un lieu emblématique pour annoncer une édition placée sous le signe de la transformation. La conférence de presse de lancement du MIPIM 2027 s’est tenue dans un ancien bâtiment de stationnement entièrement reconverti en un ensemble mixte accueillant de nouvelles activités. Une illustration concrète de la capacité de la ville à se réinventer, mais aussi des défis auxquels sont aujourd’hui confrontés élus, investisseurs, aménageurs, promoteurs et concepteurs.

Car le monde de l’immobilier a changé. La hausse durable du coût des capitaux, la crise du logement, les tensions géopolitiques, l’accélération de la transition climatique, les enjeux de souveraineté et le développement spectaculaire de l’intelligence artificielle redessinent les priorités. Face à ces bouleversements, le MIPIM entend accompagner les acteurs de la ville dans la recherche de nouveaux modèles.

Pour sa 37e édition, le salon international de l’immobilier affirme ainsi une ambition renouvelée : dépasser la seule présentation de projets pour devenir, plus encore, le lieu où se discutent les grandes transformations économiques, immobilières et urbaines.

De gauche à droite : Christel Zordan, Nicolas Boffi, Directeur du MIPIM, Gilles Averous et Pascal Pelain©️E. Megret – Image & Co

Le grand retour des élus à Cannes

L’un des marqueurs forts de l’édition 2027 sera le retour attendu de plusieurs centaines d’élus locaux, un an après les élections municipales françaises. À la tête d’équipes renouvelées ou confortées, ils viendront présenter leurs territoires, partager leurs visions et défendre leurs projets auprès d’un écosystème international d’investisseurs et de professionnels.

Leur présence répond à une évidence : dans un environnement de plus en plus concurrentiel, l’attractivité d’un territoire ne repose pas uniquement sur la disponibilité du foncier ou sur la solidité d’un projet économique. Elle tient également à la capacité des décideurs locaux à porter une vision, à rassembler les acteurs concernés et à inscrire les projets dans une trajectoire territoriale compréhensible et durable.

Cette place accordée aux collectivités se traduira notamment par un dispositif renforcé autour de Destination France, par la réinvention du pavillon Grand Paris et par la volonté de créer un Forum des élus au cœur de la ville de Cannes.

Le MIPIM 2027 ne se limitera donc plus aux espaces du Palais des Festivals et à ses abords immédiats. Le salon amorce un mouvement « hors les murs », avec de nouveaux lieux de rencontre et de débat dans la ville. Une manière d’ouvrir davantage l’événement, de mieux valoriser le patrimoine cannois et de rapprocher les discussions professionnelles de la réalité urbaine.

Gilles Averous et Pascal Pelain, Président de l’AFDU ©️E. Megret – Image & Co

Pascal Pelain : « Si l’élu n’appuie pas sur le bouton, il ne se passe rien »

Invité à intervenir sur la place de la France dans la compétition internationale et sur le rôle des différents acteurs dans la relance de son attractivité, Pascal Pelain a défendu avec force la responsabilité des décideurs locaux.

« Si les décideurs locaux ne prennent pas la décision, n’appuient pas sur le bouton ou ne prennent pas le risque politique, il ne se passera rien », a rappelé le président de l’AFDU.

Une conviction nourrie par son expérience de maire de Villeneuve-la-Garenne, commune située au nord des Hauts-de-Seine, à seulement quelques kilomètres de Paris. La suppression de huit kilomètres de lignes à haute tension y a permis de libérer près de quarante hectares de foncier, ouvrant de nouvelles perspectives pour le logement et le développement économique.

Mais disposer de foncier ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir maîtriser son coût, construire une stratégie urbaine cohérente et mobiliser les outils publics capables d’accompagner les collectivités dans la durée. Pascal Pelain a notamment insisté sur le rôle de l’Établissement public foncier et de la Métropole du Grand Paris, dont les dispositifs permettent aux maires de travailler sur des sites complexes, de faire évoluer des zones d’activités vieillissantes ou d’anticiper la mutation de grandes emprises industrielles.

À Villeneuve-la-Garenne, la fermeture d’un site pharmaceutique historique de plus de dix hectares pose ainsi une question qui concerne de nombreux territoires : comment reprendre la maîtrise d’un foncier stratégique afin d’y développer une activité correspondant réellement aux besoins de la ville ?

Dans ce type de situation, l’anticipation publique est déterminante. Sans elle, les collectivités risquent de subir les mutations plutôt que de les orienter.

Construire davantage, construire plus vite

La crise du logement a occupé une place centrale dans les échanges. La production ne répond plus aux besoins, tandis que les opérations deviennent toujours plus longues, coûteuses et difficiles à équilibrer. Entre la conception d’un projet et sa livraison, six, sept ou parfois dix années peuvent s’écouler.
Pour Pascal Pelain, qui se définit comme un « maire bâtisseur », cette situation appelle des décisions fortes. Après avoir livré 1 000 logements au cours de son premier mandat, il prévoit d’en livrer 1 500 au cours du deuxième. Dans une ville de superficie limitée, cet engagement traduit une responsabilité clairement assumée.

« J’ai du foncier, donc j’ai un devoir moral de construire du logement », a-t-il affirmé.

Cette volonté doit néanmoins être accompagnée. Les aides à la construction sont essentielles pour soutenir les maires bâtisseurs. La simplification des normes et la mise en cohérence des différents documents de planification apparaissent également indispensables.

Au fil des années, les procédures se sont accumulées, les réglementations ont évolué et les délais se sont allongés. Il arrive même que les normes changent alors que les projets sont encore en cours, au risque de livrer des bâtiments qui ne répondent déjà plus complètement aux nouvelles réalités climatiques ou sociales.

Parmi les pistes évoquées, le permis de construire unique pourrait constituer un premier levier pour simplifier les démarches, limiter certaines superpositions réglementaires et raccourcir les délais. Plus largement, les intervenants ont appelé à traiter la construction de logements comme une priorité nationale, nécessitant une mobilisation durable de l’État, des collectivités et de l’ensemble des professionnels concernés.

Résilience, souveraineté et nouveaux usages

Le MIPIM 2027 élargira également ses débats à une vision plus globale de la résilience. Il ne sera plus seulement question de décarbonation, mais aussi de la capacité des bâtiments, des territoires et des économies à faire face aux chocs climatiques, économiques et géopolitiques.

Les questions de souveraineté et de réindustrialisation seront particulièrement présentes. La sécurisation des chaînes d’approvisionnement, la relocalisation de certaines activités stratégiques, le développement de l’industrie de défense ou encore la maîtrise des infrastructures numériques influencent désormais directement les décisions d’investissement et d’aménagement.

Les data centers illustrent cette évolution. Devenus indispensables au développement de l’intelligence artificielle et à la souveraineté des données, ils constituent une nouvelle classe d’actifs, mais soulèvent aussi des interrogations sur leur implantation, leur consommation énergétique et leur acceptabilité.

Le Data Center Summit, inauguré lors de la précédente édition, sera ainsi renforcé et occupera une large partie de la journée du jeudi. Des intervenants internationaux et des représentants de différentes régions viendront confronter leurs expériences et analyser un secteur dont les transformations sont particulièrement rapides.

La crise du logement bénéficiera, elle aussi, d’une visibilité accrue. La séquence Housing Matters, jusqu’alors organisée en amont du salon, intégrera désormais pleinement le programme officiel dès le mardi matin.

Un MIPIM plus ouvert et plus accessible

L’édition 2027 marquera enfin une évolution dans la manière de participer au salon. Après trente-sept années fondées sur un pass unique couvrant les quatre jours, le MIPIM proposera pour la première fois un pass à la journée.

Cette nouvelle formule doit permettre à des professionnels qui connaissent encore peu le salon, à de petites et moyennes entreprises ou à des agences d’architecture de participer plus facilement à l’événement. Les architectes français bénéficieront d’ailleurs d’une attention particulière à l’occasion des cinquante ans de la loi sur l’architecture.

Le MIPIM souhaite également renforcer les services facilitant les rencontres entre investisseurs, porteurs de projets et acteurs publics. Dans un contexte économique plus exigeant, la qualité des échanges et la capacité à identifier rapidement les bons interlocuteurs deviennent déterminantes.

L’AFDU au cœur des débats sur la ville

Pour la deuxième année consécutive, le partenariat entre le MIPIM et l’AFDU témoigne d’une vision partagée : accompagner les transformations urbaines en organisant le débat entre élus, acteurs publics et professionnels privés.

La participation de Pascal Pelain à cette première conférence de presse de lancement illustre pleinement la place singulière de l’AFDU. L’association défend une approche de la ville fondée sur la confrontation constructive des points de vue, la compréhension des contraintes de chacun et la recherche de réponses concrètes aux grands défis urbains.

Du 16 au 19 mars 2027, l’AFDU sera donc présente à Cannes pour contribuer à ces échanges et porter la voix des acteurs engagés dans la transformation des territoires.

Dans une période marquée par l’incertitude, le MIPIM 2027 veut faire émerger des perspectives nouvelles. Et si les capitaux sont devenus plus sélectifs, si les opérations se complexifient et si l’acceptabilité des projets ne peut plus être considérée comme acquise, une conviction demeure : les territoires ne sont pas de simples espaces d’accueil pour les investissements.

Ils portent une histoire, des besoins, des équilibres et une vision. En 2027, ils entendent reprendre la main.
#LaVilleEnDébat

©️E. Megret – Image & Co

AFDU

Répondre aux attentes des adhérents, susciter leur intérêt, soutenir leurs ambitions, élargir leur champ de vision en amont et en aval, président au foisonnement d’initiatives portées par l’AFDU.

Les dernières actus

Les dernières actus

  • Le MIPIM 2027 place les territoires et les élus locaux au premier plan. Présent lors de la conférence de lancement du salon international de l’immobilier, Pascal Pelain, président de l’AFDU, a rappelé le rôle déterminant des décideurs locaux dans la conduite des projets urbains et le développement des territoires.

  • À travers quatre prises de parole, l’AFDU porte son regard sur le SIBCA 2026 et sur les solutions concrètes permettant d’adapter, de régénérer et de rendre nos villes plus résilientes.

  • Au SIBCA 2026, Camille Gicquel, administratrice de l’AFDU, a participé au Grand Débat consacré à l’immobilier face au changement climatique. Une réflexion sur l’adaptation, la résilience et la transformation de la ville existante, du bâtiment au territoire.

  • Les vagues de chaleur seront plus longues, plus fréquentes et plus intenses. À partir des échanges de la conférence « Les quartiers aux petits soins », l’AFDU ouvre le débat sur l’adaptation de nos projets urbains, la santé de proximité et la résilience des quartiers.