Jeudi 18 juin 2026
Derniers regards sur la Fabrique du Métro : une visite qui rassemble et inspire
Ce mercredi 17 juin, en fin de journée, la chaleur est encore bien présente lorsque les participants convergent vers la Fabrique du Métro, à Saint-Ouen-sur-Seine. Malgré la canicule, l’ambiance est légère. On arrive par petits groupes, on reconnaît des visages, on échange quelques mots. Très vite, les discussions s’installent et les cercles se forment.
Cette visite privée, organisée par l’AFDU et Sciences Po Urba, tient toutes ses promesses : réunir des profils variés — urbanistes, architectes, étudiants, opérateurs, élus — dans un cadre propice à l’échange. Dès les premiers instants, les appartenances s’effacent au profit d’une curiosité commune.
Après le mot d’accueil de Thomas Fabre, président de Sciences Po Urba, Coraline Knoff, directrice de la Fabrique du Métro, prend la parole. Elle annonce avec émotion la fermeture définitive du site au 3 juillet. Un moment suspendu qui donne à la visite une tonalité particulière : celle d’un lieu que l’on découvre presque une dernière fois.
Car la Fabrique du Métro est bien plus qu’un espace d’exposition. Pensée comme un lieu novateur, elle raconte le Grand Paris Express dans toutes ses dimensions — son histoire, ses métiers, sa réalisation — en proposant un parcours immersif, du quai jusqu’à la rame, comme si chaque visiteur devenait un futur usager.
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Le métro du futur se teste ici, grandeur nature
Très vite, la visite s’anime sous la conduite des médiateurs Amel Betouch, Lucie Cherifi et Jean‑Emmanuel Terrier. Ici, tout est fait pour comprendre en expérimentant.
Les chiffres du Grand Paris Express donnent d’abord le vertige :
200 km de lignes, 68 nouvelles gares, 4 lignes inédites (15, 16, 17, 18), prolongement de la ligne 14, un réseau à 90 % souterrain, 100 % automatique et accessible, conçu pour transporter près de 3 millions de voyageurs par jour à horizon 2031.
Mais à la Fabrique, ces chiffres prennent corps.
Les participants déambulent entre maquettes, projections vidéo et dispositifs interactifs. Ils passent progressivement du territoire au détail, jusqu’à pénétrer dans une rame de métro grandeur nature. Et là, presque instinctivement, chacun adopte les gestes du quotidien. Très vite, la démonstration devient instinctive : chacun se comporte comme dans un véritable déplacement, testant les équipements, regardant les informations voyageurs, se projetant naturellement dans l’usage.
Les écrans attirent l’attention : dynamiques, lisibles, ils annoncent les correspondances et précisent leur temps d’attente.
Le métro est automatique, sans conducteur, silencieux grâce à un système encapsulé.
Un détail amuse particulièrement : en tête de rame, un espace est spécialement pensé pour les enfants. Un véritable poste de pilotage leur permet de se glisser dans la peau d’un conducteur… avec de vrais boutons, concrets, manipulables — loin des dispositifs factices. Une façon simple mais efficace de rendre le projet accessible à tous, et de susciter des vocations.
Autour, tout a été testé dans ce lieu partenarial où ingénieurs, architectes et étudiants travaillent ensemble : mobilier de gare, matériaux, systèmes d’information voyageurs… La Fabrique est aussi un espace d’expérimentation grandeur nature, fréquenté par plus de 120 000 visiteurs.
Même l’identité des gares est pensée avec soin : chacune accueillera une œuvre unique, permettant aux voyageurs de reconnaître instantanément leur environnement.
Dans les entrailles du chantier : comprendre la mécanique du Grand Paris
La visite se poursuit avec une plongée dans les coulisses du chantier, où la technique prend toute sa place.
Le terme revient souvent : tunnelier. Ces machines impressionnantes, longues d’environ 100 mètres et larges de 9 à 10 mètres, avancent sous terre en creusant les galeries du réseau. Leur fonctionnement fascine : elles excavent, évacuent les déblais et posent simultanément les voussoirs, ces anneaux de béton qui consolident immédiatement les tunnels.
Dans la réalité du terrain, le rythme est plus tangible : environ 12 mètres creusés par jour, avec des arrêts réguliers pour maintenance tant la machine est sollicitée en continu.
Peu à peu, les participants prennent conscience de la complexité de l’entreprise : contraintes géologiques, organisation humaine dans le tunnel, coordination métropolitaine… Certains tunneliers sont même alimentés par des énergies renouvelables, illustrant l’ambition environnementale du projet.
Les discussions s’intensifient. Les questions fusent sur la genèse du projet — lancé à la fin des années 2000 pour désaturer les réseaux existants et accompagner la croissance métropolitaine — mais aussi sur son financement, son exploitation ou son calendrier.
La diversité des profils enrichit les échanges, transformant la visite en véritable moment de réflexion collective. Les participants se montrent particulièrement curieux, multipliant les questions sur tous les aspects du projet.
Une expérience collective, au-delà de la technique
Lorsque la visite s’achève, la chaleur est un peu retombée, mais l’énergie est toujours là. Les discussions se prolongent, les petits groupes se reforment, les cartes de visite s’échangent.
Ce qui restera, au-delà des chiffres et des innovations, c’est cette dynamique collective.
Car cette soirée n’était pas seulement une visite. Elle était fidèle à ce que l’AFDU cultive : un espace de rencontres, curieux, ouvert et profondément humain, où l’expertise s’enrichit du dialogue.
Dans un lieu qui s’apprête à fermer ses portes, il y avait quelque chose de presque symbolique à voir se réunir autant d’acteurs de la ville de demain. Comme si, le temps d’une soirée, la Fabrique du Métro avait pleinement joué son rôle : non seulement montrer, mais aussi rassembler.
Et peut-être est-ce là sa plus belle réussite.
AFDU
Répondre aux attentes des adhérents, susciter leur intérêt, soutenir leurs ambitions, élargir leur champ de vision en amont et en aval, président au foisonnement d’initiatives portées par l’AFDU.

